La double exposition photo ou le principe du 2 en 1

La double exposition ou le principe du 2 en 1, comme p’tit Dop ! Simple non ?

Le concept repose sur le fait de superposer  deux images sur une seule photo. L’idée est intéressante pour booster sa créativité, s’ouvrir de nouveaux horizons, ajouter une nouvelle corde à son arc… bref. Tomber en panne d’inspiration, ça arrive. Avec ce nouveau joujou, pas moyen ! Les photos seront toujours surprenantes, à défaut d’être réussies.

Avant de se lancer dans les explications, je voudrais remercier Billy Manchuck, grand ninja voyageur, pour ses jolis clichés réalisés avec un Nikon FE, antique appareil à pellicule.

 

Numérique vs. Argentique

Cette technique peut se réaliser avec les deux grands types d’appareils. Les argentiques comme les numériques.

Premièrement voyons les numériques. Deux solutions. Soit l’appareil possède une fonction double-exposition, en ce cas très facile, il suffit de prendre deux photos et l’appareil réalise lui-même l’assemblage par la suite. La deuxième alternative est d’utiliser Photoshop en post-traitement, il faut alors jouer sur les différents calques en les estompant plus ou moins en fonction du résultat recherché. Cette deuxième option offrant plus de créativité.

Mais là où cette technique se révèle vraiment intéressante, devient un réel challenge en fait, c’est quand on la réalise avec un appareil argentique. Attention, tous n’en sont pas capables. Certains appareils possèdent un bouton situé derrière le levier habituel pour avancer la pellicule, le Nikon FE par exemple. En enclenchant ce bouton, l’appareil prend une première photo mais n’avance pas la pellicule lors de la prise. Ainsi on peut en prendre une seconde sur la même pose. Habile !

Cependant il faut garder à l’esprit certaines règles. Règles techniques et règles de composition.

 

Gérer les différentes expositions

Techniquement parlant, la pellicule sera exposée deux fois à la lumière, il faut donc sous-exposer lors des deux prises afin d’obtenir une exposition normale à la fin. Cette sous-exposition varie en fonction des appareils et de l’ensoleillement. Après un peu d’entrainement cela devient très facile.

En termes de composition, c’est sur les espaces sombres de la première photo que va apparaitre la deuxième prise. Garde ça en tête, jeune ninja trop pressé. Le mieux est d’avoir une idée précise de ce que l’on veut faire avant. Cependant au début c’est dur, vu que l’on ne sait pas trop ou on va. Pour y pallier, quelques pistes de compositions qui fonctionnent bien.

Les grilles ou les éléments métalliques plus généralement, les branches des arbres aussi. Etant sombres et formant souvent des motifs géométriques voire bizarres, en les shootant en premier on pourra obtenir un découpage intéressant en les associant avec une deuxième prise plus lumineuse.

Capture d’écran 2013-06-28 à 16.59.29

Cette photo superpose la photo d’un abribus avec le nom « Viña del Mar » découpé en pointillé dans un panneau métallique et une vue de Valparaíso. L’abribus de métal étant bien sombre, la ville apparait clairement estompant l’abribus. Les pointillés dessinant « Viña del Mar » étant clairs sur la première photo, ils sont donc surexposés suite à la deuxième prise. D’où leur aspect lumineux.

Sympa aussi pour faire apparaître des fantômes sur les photos. Ci-dessous, les deux clichés étant plus ou moins dans les mêmes tons, les images se mélangent laissant voir des éléments plus ou moins évanescents.

Capture d’écran 2013-06-28 à 17.01.22
Capture d’écran 2013-06-28 à 17.01.29

Les néons où toutes sortes de lumières artificielles fonctionnent très bien aussi.

Capture d’écran 2013-06-28 à 17.02.38

Une très belle photo sur le voyage, on peut y voir la destination et le moyen d’y arriver !

 Capture d’écran 2013-06-28 à 17.03.38

 

Cette technique ouvre un champ de possibilités très large, à vous de jouer maintenant ! Et n’hésitez pas à partager cette technique auprès de vos potos !

 

Henri
henricastay@gmail.com

Moi c'est Henri et j'ai 22 ans. J'essaie de faire des photos depuis avoir, jeune provincial descendant sur la capitale, découvert Paris au cours d'un été. Mes préférées c'est les photos argentiques. J'aime Willy Ronis, Antonio Quintana et Mylène Farmer. Pour les références.

5 Commentaires
  • Yves
    Publié à 15:42h, 19 juillet Répondre

    Merci Henri pour cet article

    Pour ceux qui ont un reflex numérique dépourvu de l’assemblage de deux photos, il existe le logiciel Gimp, qui est une sorte de Photoshop mais totalement gratuit et aux possibilités vraiment très étendues. Ils en sont à la version 2.8, très aboutie et reconnue pour ses qualités. Une version 3.0 devrait sortir prochainement avec de nombreuses améliorations, en termes d’ergonomie notamment.

    Ce serait bête de se priver de cette technique d’assemblage juste parce qu’on ne possède pas Photoshop. Gimp est donc une alternative crédible.
    http://www.flickr.com/photos/yvessouris/

  • Chloé Daumal, artiste à découvrir
    Publié à 15:06h, 07 avril Répondre

    […] elle, on sent la photo argentique ça lui parle. Ici, elle réalise une superbe double exposition (kézako) entre unjoli dos et un champ de […]

  • Sandra
    Publié à 07:48h, 03 septembre Répondre

    Salut à tous! Petite question. A part le Nikon FE, quels autres argentiques permettent de faire cette double exposition ? Merci et bonnes photos!

    • Nicolas de Kungfu-Photo
      Publié à 10:05h, 04 septembre Répondre

      Salut Sandra, je ne connais pas très bien appareils « vintage », beaucoup d’argentique demandent qu’on remonte la pélicule soit même mais effectivement je crois que si on ne le fait pas on ne peut pas reprendre une photo. Le mieux c’est que tu contact un revendeur d’appareil vintage de ta ville tout simplement, il pourra te renseigner et te fournir le matériel.

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