L’ exposition, l’art de maîtriser sa cible : Technique de kungfu #1

En kung-fu, maîtriser sa cible, c’est indispensable. Et pour mettre toutes les chances de votre côté, celle-ci devra être bien exposée.

Quand on fait de la photo, l’exposition est une caractéristique importante. Chaque photo possède une exposition propre. L’exposition peut installer une atmosphère, créer un effet, donner un style à la photo.

Important : Il n’existe pas de bonne ou mauvaise exposition. Tout dépend de l’effet recherché…

 

Les différents types d’exposition

Une photo peut être exposée normalement, sous-exposée ou surexposée. Si vous shootez en mode automatique, l’appareil va choisir une exposition normale, de manière à exposer uniformément l’ensemble de la photo.

Cependant, dans certains cas, une photo surexposée ou sous-exposée peut donner un meilleur rendu final : comme dit plus haut on peut se servir de l’exposition pour créer des effets.

Et c’est pour cela qu’il est impératif de maitriser l’exposition quand on veut faire de la photographie. Voici, une comparaison simple mais évocatrice :

photo sur exposition

Photo sur-exposée ou « brûlée »

 

photo sous exposition

Photo sous-exposée ou « bouchée »

photo exposition idéale

Photo exposée normalement

 

D’un point de vue extérieur à l’appareil, l’exposition dépend de l’éclairage naturel. D’un point de vue technique, l’exposition est dépendante de trois paramètres :

  1. La vitesse d’obturation, ou durée d’ouverture du diaphragme
  2. Le diamètre d’ouverture du diaphragme
  3. La sensibilité ISO

C’est tipar :

1. La vitesse d’obturation

Elle détermine la durée d’ouverture du diaphragme (l’outil qui se trouve dans votre objectif) lors de la prise. Plus le diaphragme restera longtemps ouvert, plus une grande quantité de lumière aura le temps de « rentrer ».

Ceci-dit, si on augmente trop ce temps d’ouverture du diaphragme, donc si on diminue la vitesse d’obturation, cela empêche de figer les objets en mouvement. On obtient alors un effet photographique appelé « filet » ou « flou de mouvement ».

exposition pose longue

Les bras du manège, mobiles, sont flous

2. Le diamètre d’ouverture du diaphragme

Plus le diaphragme s’ouvre au moment de la photo, donc plus le diamètre d’ouverture est important, plus la quantité de lumière captée par l’appareil sera conséquente.

Attention cependant, le fait de modifier le diamètre du diaphragme modifie la profondeur de champ :

Plus le diamètre d’ouverture du diaphragme est important, plus la profondeur de champ sera faible et vice-versa. Une profondeur de champ faible permet d’obtenir des arrières plans flous. Très utile pour mettre en évidence l’élément fort de la photo.

exposition profondeur de champ

La mise au point est faite sur la goutte. Avec une profondeur de champ faible on obtient donc un arrière-plan flou. De plus comme la durée d’ouverture du diaphragme est très faible on parvient à figer le mouvement !

 

Choisir une grande profondeur de champ, donc une ouverture de diaphragme faible, intègre le sujet de la photo à son environnement. Par exemple la photo au-dessus avec une grande profondeur de champ aurait fait apparaitre la vigne couvrant le mur sur le fond de la photo. Les différents plans sont nets. Utilisé pour les paysages notamment !

3. La sensibilité ISO

C’est la sensibilité des capteurs de l’appareil (en numérique) à la lumière. Plus elle est élevée, plus les capteurs sont sensibles.

Une fois encore attention, si les ISO sont trop élevés (le seuil est progressif et dépend des appareils) un grain apparaît sur la photo. Mais pas un beau grain comme certaine photo argentique : le bruit numérique est difficilement photogénique.  Cependant avec le perfectionnement du matériel photographique, il faut monter haut en ISO pour voir apparaitre un grain sur les photos, spécialement avec un bon appareil.

 

On récapitule !

Vous l’avez compris : ces trois paramètres permettent de modifier l’exposition mais ont chacun une contrepartie. Ces contreparties ne sont pas des défauts, elles permettent une fois maitrisée de s’exprimer pleinement.

Pour résumer, l’exposition dépend du temps d’ouverture du diaphragme, du diamètre d’ouverture du diaphragme, et de la sensibilité ISO. En augmentant le temps, le diamètre et la sensibilité, on accroît la quantité de lumière captée.

Astuce : Souvent les photos n’ont pas tout à fait le même rendu sur l’appareil et sur l’ordinateur. Pour doser finement l’exposition fiez-vous à l’histogramme, présent sur la plupart des appareils photos. Quand l’histogramme est bien axé, l’exposition sera normale. Si l’histogramme se déplace vers la gauche, la photo sera sous-exposée. Vers la droite elle sera surexposée.

 

Merci à Henry Castay, apprenti-ninja et contributeur, pour cet article. Merci également pour ses photos. 

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Henri
henricastay@gmail.com

Moi c'est Henri et j'ai 22 ans. J'essaie de faire des photos depuis avoir, jeune provincial descendant sur la capitale, découvert Paris au cours d'un été. Mes préférées c'est les photos argentiques. J'aime Willy Ronis, Antonio Quintana et Mylène Farmer. Pour les références.

5 Commentaires
  • Alexandre
    Publié à 13:52h, 22 octobre Répondre

    parfait, tout est la, je n’aurais plus besoin de répeter le meme discours à tout le monde, juste donner ce lien 🙂

  • Thomas
    Publié à 19:22h, 22 octobre Répondre

    Tant mieux si tu trouves l’explication d’Henri efficace ! Et tant mieux si ça peut servir à d’autres 🙂

  • Leelly
    Publié à 09:25h, 28 avril Répondre

    J’ai tout bien compris, vite et simplement. Merci !

    • Nicolas
      Publié à 17:18h, 28 avril Répondre

      Salut Leely,
      C’est top 🙂
      Merci pour ton commentaire
      Nicolas

  • Actualité articles tuto photos | Pearltrees
    Publié à 18:34h, 23 décembre Répondre

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