La photo de rue quand on est touriste : 4 astuces pour le terrain

Quand vous croisez des touristes, vous les identifiez au premier coup d’œil comme tels. Quand vous êtes en voyage, les locaux le font aussi sans souci.

A l’étranger : Pas d’effet de surprise

Il est très rare de ne pas se faire repérer par la personne qu’on a l’intention de photographier. Votre oeil traine à la recherche d’un visage ou d’une scène de vie qui vous touche. Sauf qu‘au même moment 92 % (easy) des locaux vous dévisagent. Résultat : lorsque vous braquez votre appareil photo vers son visage votre sujet n’a pas l’ombre d’un doute sur ce que vous allez photographier. Dès lors deux choses…

1. Le naturel est mort, des shurikens plantés dans toutes les parties de son corps. Votre sujet va détourner la tête, grimacer, avoir l’air surpris, il pourrait même vous sourire. Dans tous les cas, il interrompt l’instant que vous vouliez immortaliser. Dans la majorité des cas, il détournera la tête.

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2. Si vous avez la chance de pouvoir quand même prendre la photo, il devient impossible d’éviter la confrontation. Le problème n’est pas que la confrontation fait peur. Mais simplement que s’arrêter à chaque photo est laborieux. En tout cas, c’est mon avis. Il est plus confortable de rester dans l’anonymat du « shoot-and-go ». En revanche si discuter un peu avec votre sujet, comprendre son histoire fait partie intégrante de votre projet, c’est une autre histoire. Pour débuter, retenez :

Je lui tire le portrait et je me tire…

 

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Comment s’en sortir pour prendre vos photos de rue ?

Si dessous je vous livre 4 astuces tirées de mon expérience au Myanmar. Toutes les photos qui illustrent cet article ont été prises au cours de mon voyage là bas.

1. Caméra au poing pour la discrétion

Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devez vous fondre dans le paysage. Ce n’est pas facile du tout quand on est blanc dans un pays ou les gens sont noirs. C’est encore plus difficile si vous êtes habillés en clown avec un énorme appareil autour du cou et une casquette à hélice sur la cafetière. Habillez-vous sobrement, si possible dans un style un peu local.

L’appareil reflex autour du coup avec la grande lanière noir et jaune/rouge ça se voit. Pour les gens qui n’ont pas l’habitude, ça impressionne. « Est-ce que c’est un journaliste ? » Une question qui peut effleurer l’esprit de vos sujets.
Si vous avez plusieurs appareils, plusieurs objectifs, n’en prenez qu’un, le plus petit possible. Si votre appareil prend de la place : gardez-le à la main.

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2. Se faire oublier, prendre le thé

La curiosité du local qui a repéré un touriste s’essouffle assez vite. Après tout le touriste est normalement constitué… Asseyez-vous en terrasse, prenez un café dans une partie de la ville qui ne voit jamais de touristes. Je vous garantis qu’après quelques minutes de regard en coin et sourires échangés plus personne ne fera attention à vous.

Vous allez pouvoir commencer à tirer du portrait autour de vous assez tranquillement. Prenez des photos de tout et n’importe quoi pendant les premières minutes. Les riverains s’habitueront à votre petit manège. Ils s’imagineront que vous bossez sur un projet de photo, digèreront l’info et… Soudain vous n’êtes plus un étranger à leur yeux.

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3. Shooter sans les yeux, à l’instinct

En marchant, caméra au poing vous pouvez prendre des photos sans porter l’appareil à vos yeux… Ça demande un petit temps d’adaptation. Visez principalement les personnes assises dont les yeux sont à hauteur de l’objectif. Ralentissez-le pas au moment d’appuyer sur le déclencheur. Si vous marchez, vraiment, lentement, vous réussirez à prendre des photos nettes.

Mon retour sur cette technique est mitigé. Je l’ai trouvé très pratique et j’ai réussi à prendre parmi mes meilleures photos de cette manière. Pratique, car vous conservez votre effet de surprise. Pratique également parce que vous évite de vous confronter à la réalité de la photo de rue qui consiste à imposer son appareil au nez et à la barbe des gens. Une démarche qui peut aider l’apprenti ninja, mais qui a pour vocation d’être dépassée.

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4. Des endroits bondés

Vous êtes un touriste, mais il y a des endroits où les gens sont trop occupés pour faire attention à vous. En vous promenant en ville, vous découvrirez ces endroits spontanément. La réaction des gens à votre présence y est inexistante. C’est le cas notamment des marchés (pour locaux, of course) d’Yangon au Myanmar. Les vendeurs sont bien trop occupés avec leurs clients pour s’intéresser à vous.

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Et maintenant, il ne vous reste plus qu’à passer à l’action. Si vous la photo de rue vous branche vous pouvez aussi lire ceci : La photo de rue, écrit par un expert. Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous. Envoyez-nous les résultats de vos virées en ville.

Et si c’est la Birmanie, le Myanmar qui vous intéresse lisez ceci : Les photos d’un voyage en Birmanie expliquées par un photographe ninja.

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Nicolas Richard
nicolas@kungfu-photo.com

Je suis plutôt moyen moyen mauvais en photo, mais je fais des progrès. J'ai bientôt ma ceinture jaune de kung-fu de la photo et Maitre Shi-Fu m'a dit que j'étais sur la bonne voie. Adepte de méthodes qui marche je recommande vivement la lecture du « kungfu de la photo ». Ah, euh, oui, je l'ai coécrit... :D Vous le trouverez dans la colonne de droite :)

5 Commentaires
  • Samir
    Publié à 10:23h, 09 janvier Répondre

    Il y a toujours la technique de « Je demande » et essayer de faire poser la personne de manière naturelle.

    J’ai remarqué que dans certains pays la photo de rue est vraiment bien vue et les gens se prêtent facilement au jeu, ailleurs c’est parfois assez délicat…

    Penser à bien choisir son sujet, en général éviter une jeune fille ou une femme seule c’est du bon sens mais ça peut les faire flipper 😉

  • Stephane
    Publié à 22:47h, 12 janvier Répondre

    Je rejoins Samir sur le fait de demander, mais à l’étranger, faut maîtriser la langue de l’autochtone et je sais pas s’il y a des traducteurs Ninja… 🙂
    Je pense que ça doit être du hold-up style shoot and go !! ou jouer les snipers au 100-400mm entre deux voitures…
    J’aime beaucoup le philosophie de votre site, continuez…

    • Nicolas
      Publié à 11:00h, 16 janvier Répondre

      Merci beaucoup 🙂

      En effet sans la maitrise de la langue c’est pas évident. Mais avec un sourire amical on peut dénouer bien des situations !

  • Guy
    Publié à 09:52h, 27 mars Répondre

    Il ne s’avère pas nécessaire de connaître la langue. Il suffit de montrer son appareil avec son index puis de le diriger vers la personne. Elle comprendra tout de suite votre intention et acceptera ou non. De plus n’hésitez pas à lui montrer votre prise de vue sur l’écran de votre appareil, elle appréciera. Terminez la rencontre par un petit mouvement de tête et un beau sourire, votre « ami » d’un instant sera ravi.

    • Nicolas
      Publié à 10:00h, 27 mars Répondre

      Exactement, ce n’est pas plus compliqué. Dans certains pays quelques locaux pourraient bien vous faire comprendre eux même qu’ils aimeraient une petite photo. Ça m’est arrivé plusieurs fois en Thaïlande et au Myanmar.

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