Quelques astuces de composition photographique

Le ninja a beau être un artiste dans l’âme, il se confronte parfois à la page blanche, le vide intersidéral d’inspiration. La photo a bien des facettes, et le ninja plus d’un tour dans son sac. Cette technique de nunchaku, couramment appelée « Composition photographique », requiert un tantinet de savoir faire, car elle n’est pas aussi facile que le ninja débutant tend à le penser.

Avant tout, qu’est ce que c’est la composition? Wikipédia vous dirait froidement que c’est « l’arrangement délibéré des éléments d’une scène ». Certes. Mais bon, dit comme ça, ça ne donne pas trop envie. En fait, pour un ninja, la composition, c’est la préméditation d’une photo. Évidemment, toute photo doit être un tant soit peu préméditée ou au moins « délibérée », sinon tous les plus grands photographes ne seraient en fait que des imposteurs qui ont eu de la chance à chaque fois qu’ils ont déclenché leurs appareils. La composition, c’est la création volontaire d’un environnement, c’est la posture voulue d’un modèle qui a été pensée et réfléchie un peu plus d’une seconde avant de prendre la photo.

Pour vous donner un exemple concret de composition, il suffit d’aller à l’extrême de la composition en vous montrant une photo qui a été créée de toute pièce par son photographe, un vénérable ninja que nous apprécions beaucoup chez kungfu-Photo, j’ai nommé Le Turk!

 

En admirant un tel résultat, le ninja novice en composition pourrait prendre peur et se dire que finalement les photos d’ustensiles de cuisine, c’est pas si mal et c’est  quand même plus facile. Bien sur, ce photographe va à l’extrême de la composition. La composition que vous pouvez faire est bien plus large. Voyons ensemble comment s’y prendre.

 

1. La règle des tiers en composition photographique

Il s’agit là d’une règle très prisée en photographie, que vous trouverez expliquée sur la plupart des sites qui ont un rapport aussi ténu soit il avec la photographie. La règle des tiers nous vient tous droit des ninjas du temps de Louis XIV, les ninjas dits « Classiques » qui portaient des kimonos bouffants, lançaient des shurikens en porcelaine et mangeaient des sushis à base de pomme de terre. La règle est simple: ayez un sujet, car il vous faut toujours un sujet, que ce soit une personne, un élément de paysage, ou un robinet. Votre sujet doit se trouver  à une des intersection de ces lignes lignes noires. Pourquoi? Parce que selon les classiques, ça donne plus de force à votre composition.  Vous évitez ainsi de centrer votre sujet et d’avoir un résultat trop « fade », comme un sushi au riz.

compo

 

2. Le cadrage en composition photographique

Le ninja peut anticiper un cadrage de différentes manières. D’abord, le cadrage initial est lié à la règle des tiers que vous venez de lire: ce qu’il y a à retenir: ne mettez pas toujours votre sujet au milieu de la photo, essayez différents points forts pour le même sujet, et essayez de mettre votre sujet au milieu, vous vous rendrez rapidement compte que votre préférée n’est pas forcément celle avec le sujet au milieu.

Mais ce n’est pas la seule chose à savoir sur le cadrage. vous pouvez vous servir d’un « Cadre dans le cadre » pour vos compositions, cherchez à utiliser le cadre naturel qui vous entoure. Une branche d’arbre tombante, un bout de pain dont vous avez mangé la mie… L’important dans la composition, c’est de nourrir la photo en la remplissant de manière cohérente. Vous devez faire en sorte que l’on puisse identifier au premier coup d’œil ce que vous voulez montrer dans la photo. Allez donc droit au but, et ne surchargez surtout pas votre photo de petits détails qui dérangent la lecture de la photo.

Le cadrage est dépendant de la position du ninja par rapport à sa cible. N’oubliez pas que si le ninja a des jambes, ce n’est pas parce qu’on va bientôt inventer un appareil photo à utiliser avec des pieds, mais c’est bien pour se DEPLACER. Le point de vue a un fort impact dans la composition.

3. Le point de fuite

Le ninja a toujours une solution de repli en cas de désastre. Et cette porte de secours, il aime bien la photographier. Le point de fuite est important non seulement parce qu’il donne de la profondeur à vos photos, mais aussi parce qu’il trace des lignes qui structurent le visuel. Les grands ninjas arrivent même à faire en sorte que les lignes directrices amènent le regard du spectateur vers le point fort.  Et là… c’est le JACKPOT

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Si vous voulez apprendre d’autres règles de composition (oui parce qu’il y en a des centaines), n’hésitez pas à continuer un peu plus bas et à lire le commentaire de Didier, qui apporte beaucoup à cet article! 

Rodolphe Gardies
rodolphe@kungfu-photo.com

La photo, j'aime ça. Au début, j'aimais seulement les regarder, les mettre en fond d'écran, les afficher sur mes murs. J'en voyais tellement qu'un jour, j'ai pris la décision qui s'imposait en toute logique : me mettre au kungfu! Ninja depuis le plus jeune âge j'étais pourtant incapable de faire un seul mouvement correctement. Jusqu'à ce que je mêle mes deux passions grâce à l'enseignement de Maitre Shi Fu : le kung-fu et la photo.

6 Commentaires
  • Paul
    Publié à 09:34h, 24 juin Répondre

    Et une fois qu’on connaît toutes ces règles… il faut les oublier 🙂

    • Rodolphe
      Publié à 10:29h, 24 juin Répondre

      Salut Paul! En effet, le top de la pop, c’est que toutes ces règles deviennent des réflexes auxquels on ne pense plus.

  • Didier Hannot
    Publié à 16:02h, 18 juillet Répondre

    Merci Rodolphe pour ces petits éléments de composition indispensable.

    Pour répondre à ton invitation, je voudrais faire par de mon expérience de débutant.

    En effet, souvent, j’ai éprouvé du mal à me lâcher, et à sortir des sentiers battus. Comme le dit déjà Paul, je confirme que tout cela doit devenir comme lorsqu’on conduit sa voiture : on ne pense plus à débrayer, freiner, … mettre son feu clignotant – enfin çà beaucoup oublie encore :-).

    Illustration

    • Rodolphe Kungfu-Photo
      Publié à 14:44h, 19 juillet Répondre

      Didier, Merci mille fois d’avoir pris le temps de partager avec nous ces leçons très importantes, ces conseils sont très utiles! Tes photos illustrent avec brio ton propos!

      • Didier Hannot
        Publié à 14:59h, 19 juillet Répondre

        Merci Rodolphe. C’est un plaisir de partager.

  • Yves
    Publié à 18:14h, 18 juillet Répondre

    Pour rebondir sur l’excellent commentaire de Didier, avec ma très modeste expérience, je me suis rendu compte que lorsqu’on « voit » une chouette photo à prendre, qu’on se dit : ici ou avec ceci, il y a quelque chose à faire, il est intéressant de se demander pourquoi on veut faire la photo et ce qu’on veut montrer. Ainsi, il est plus simple de réaliser la composition qu’on souhaite quand on sait ce que l’on veut montrer. On peut alors rechercher la position adéquate, la distance au sujet, ce qu’on veut mettre dans le cadre. Si on souhaite photographier par exemple une fleur, veut-on mettre en évidence sa ou ses couleurs ? Ou alors sa texture particulière ou encore sa forme ? De ces choix, vont découler des cadrages et compo différents. Prendre le temps de répondre à ces questions m’aident, dans ma modeste pratique, à mieux composer.
    http://www.flickr.com/photos/yvessouris/

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